Éviter la HD ou la 4K quand on regarde une vidéo en streaming réduit nettement les données transférées. Mais quel est l’impact sur l’empreinte carbone ?
Pour commencer : quelle place occupe le numérique dans les émissions mondiales ?
En 2024, nous avons émis 53,2 milliards de tonnes de CO₂e dans le monde.
Les émissions dues au numérique représentent environ 0,75 milliards de tonnes, soit 1,4% du total.
C’est l’équivalent de 3/4 des émissions du kérosène de toute l’aviation civile, ou 2 fois les émissions de la France.
Comprendre ce qui se passe lorsqu’on regarde une vidéo sur YouTube ou Netflix par exemple
Avant votre clic
Un film est stocké en plusieurs versions (haute qualité, qualité moyenne, qualité plus faible, etc.) sur des serveurs YouTube ou Netflix. Ces serveurs sont hébergés dans de grands bâtiments remplis d’équipements informatiques : les data centers.
Lorsque vous cliquez sur Play
Votre appareil dit à YouTube ou Netflix : « Envoie-moi cette vidéo. »
C'est la que commence la livraison :
- 1 utilisateur regarde la vidéo = 1 livraison à effectuer
- 1 million d'utilisateurs la regardent = 1 million de livraisons
1. Le data center : l'entrepôt
Si vous choisissez la version 1080p plutôt que la version 480p, le serveur va simplement ouvrir un accès plutôt qu'un autre. Que ce soit l’accès vers la vidéo 1080p ou 480p change relativement peu la consommation du data center.
→ Baisser la qualité change peu la consommation du data center
2. Les réseaux : le trajet de livraison
Maintenant, il faut transporter la vidéo depuis le data center jusqu'à votre appareil.
C'est le rôle des réseaux, rien à voir avec les réseaux sociaux : on parle ici des fibres optiques, câbles, routeurs, box Internet, antennes 4G ou 5G… Tout cela forme en quelque sorte un réseau routier qui permet aux données de circuler.
Pour eux, la différence est très concrète.
Pour 1 heure de vidéo :
- 1080p → 2,25 Go
- 720p → 1,13 Go
- 480p → 0,50 Go
- 360p → 0,32 Go
Passer du 1080p au 480p, c’est donc environ 78 % de données en moins à transporter.
→ Baisser la qualité = beaucoup moins de données à transporter sur les réseaux.
En 2024, ≈ 65 % du volume de données transporté sur les réseaux correspondait au streaming vidéo.
3. Le terminal : votre appareil
Les données arrivent enfin sur votre téléphone, votre ordinateur ou votre téléviseur.
Votre écran reste allumé pendant la vidéo, qu'elle soit en 1080p ou en 480p.
D'après , la consommation électrique de l'appareil dépend surtout de choses comme la taille de l'écran, sa technologie et sa luminosité.
Afficher une vidéo en 1080p ou 480p ne modifie pas, ou presque pas, la consommation de l'appareil lui-même.
→ Baisser la qualité ne change pas, ou presque pas, la consommation de l’appareil.
En résumé
Quand vous baissez la qualité d'une vidéo :
- Data center : peu de changement
- Réseaux : beaucoup moins de données à transporter
- Appareil : peu ou pas de changement
Autrement dit, l'intérêt principal de réduire la qualité d'une vidéo est de réduire la quantité de données à transporter sur les réseaux.
On a vu qu’en 2024 le numérique a émis 0,75 milliard de tonnes de CO₂e. D’après , Les réseaux en représente 27% :
ℹ️ Les réseaux émettent beaucoup plus que les data centers, alors qu’ils consomment autant d’électricité. Pourquoi ?
Les émissions liées à la fabrication et à l’entretien des infrastructures sont légèrement plus élevées pour les data centers que pour les réseaux. Et les deux utilisent à peu près autant d’électricité pour fonctionner.
Alors pourquoi les réseaux émettent-ils beaucoup plus ? Parce que l’électricité utilisée pour les faire fonctionner émet davantage de CO₂ que celle utilisée par les data centers.
En effet, les grands opérateurs de data centers ont davantage de choix sur l’endroit où ils installent leurs infrastructures et l’électricité qu’ils utilisent. Ils peuvent ainsi privilégier des régions et des sources d’électricité moins carbonées. Microsoft, Amazon, Google, Meta et Apple, qui représentaient environ 35 % de la consommation électrique des data centers, déclaraient ainsi couvrir l’équivalent de 100 % de leur consommation avec des énergies renouvelables.
Les réseaux, eux, doivent être déployés là où se trouvent les utilisateurs. Ils dépendent donc davantage de l’électricité produite localement, qui peut être plus ou moins carbonée selon les pays.
C’est principalement ce qui explique qu’à consommation électrique comparable, les réseaux génèrent davantage d’émissions que les data centers.
Cette situation pourrait toutefois évoluer avec l’essor de l’IA : la demande d’électricité des data centers augmente très rapidement. Aux États-Unis, certains projets prévoient déjà de nouvelles capacités de production au gaz, une énergie fossile émettrice de CO₂, pour répondre à cette croissance.
Sources : ·
78 % de données en moins ne signifie pas 78 % d’énergie en moins
Réduire le volume de données ne réduit pas la consommation électrique dans les mêmes proportions.
Une méthode courante consiste pourtant à répartir toute l’électricité consommée par les réseaux entre les données transportées. Avec cette méthode, plus une vidéo est lourde, plus on lui attribue d’énergie. Par exemple, en appliquant les formules d’intensité énergétique retenues par , si l’on regarde en Wi-Fi :
- 1080p → ≈ 525 Wh → ≈ 233 gCO₂e, soit environ 1,4 km en voiture
- 480p → ≈ 136 Wh → ≈ 60 gCO₂e, soit environ 0,4 km en voiture
ℹ️ Voir le détail des calculs et hypothèses
Full HD 1080p : 5 Mbit/s × 8 880 s ÷ 8 ÷ 1 000 = 5,55 Go
SD 480p : 1,1 Mbit/s × 8 880 s ÷ 8 ÷ 1 000 = 1,221 Go
Le débit est multiplié par la durée en secondes. On divise par 8 pour passer des bits aux octets, puis par 1 000 pour obtenir des gigaoctets.
Répartition annuelle : Modèle d’Intensité Énergétique
Le modèle attribue à la session une part de la consommation annuelle de chaque partie du réseau, en fonction du volume de données transféré.
Électricité attribuée = données transférées × intensité énergétique
Pour une connexion fixe en Wi-Fi. Le calcul distingue deux parties du réseau :
Cœur du réseau : 0,02 kWh/Go
Réseau d’accès fixe : 0,07 kWh/Go
On obtient donc :
Électricité attribuée au cœur du réseau = données transférées × 0,02 kWh/Go
Électricité attribuée au réseau d’accès fixe = données transférées × 0,07 kWh/Go
Le calcul prend en compte le cœur du réseau et le réseau d’accès, mais aussi le CDN (« Content Delivery Network »), c’est-à-dire le réseau de serveurs hébergés dans des data centers qui fournit la vidéo. Pour une connexion fixe, il inclut également le CPE (« Customer Premises Equipment »), l’équipement installé au domicile de l’utilisateur, comme la box Internet.
Le terminal (ordinateur, smartphone ou téléviseur) n’est pas inclus, car sa consommation dépend surtout de l’écran et varie généralement peu selon la qualité de la vidéo. L’ingestion et l’encodage initial ne sont pas non plus attribués à chaque session, puisqu’ils ont lieu avant le visionnage.
Le CDN est estimé à 0,5 W par spectateur.
En connexion fixe, le CPE est estimé à 10 W dans le scénario VDSL retenu.
Électricité attribuée au cœur du réseau : 5,55 Go × 0,02 kWh/Go = 111 Wh
Électricité attribuée au réseau d’accès fixe : 5,55 Go × 0,07 kWh/Go = 388,5 Wh
CDN : 0,5 W par spectateur × 2,47 h = 1,23 Wh
CPE : 10 W dans le scénario VDSL retenu × 2,47 h = 24,67 Wh
Total : cœur du réseau + réseau d’accès fixe + CDN + CPE = 525 Wh
CO₂ : 0,5254 kWh × 443,8 gCO₂e/kWh ≈ 233 gCO₂e
Électricité attribuée au cœur du réseau : 1,221 Go × 0,02 kWh/Go = 24,42 Wh
Électricité attribuée au réseau d’accès fixe : 1,221 Go × 0,07 kWh/Go = 85,47 Wh
CDN : 0,5 W par spectateur × 2,47 h = 1,23 Wh
CPE : 10 W dans le scénario VDSL retenu × 2,47 h = 24,67 Wh
Total : cœur du réseau + réseau d’accès fixe + CDN + CPE = 136 Wh
CO₂ : 0,13579 kWh × 443,8 gCO₂e/kWh ≈ 60 gCO₂e
On applique le même principe, avec une intensité énergétique différente pour le réseau d’accès :
Cœur du réseau : 0,02 kWh/Go
Réseau d’accès mobile : 0,2 kWh/Go
Électricité attribuée au cœur du réseau = données transférées × 0,02 kWh/Go
Électricité attribuée au réseau d’accès mobile = données transférées × 0,2 kWh/Go
Les distances affichées correspondent aux émissions d’une voiture thermique moyenne à essence, estimées par à 170 gCO₂e par kilomètre, fabrication et usage compris. Le calcul consiste à diviser les émissions de la session par 170. Cette comparaison donne un ordre de grandeur : son périmètre n’est pas identique à celui de la session vidéo.
Le facteur carbone utilisé est de 443,8 gCO₂e/kWh, d’après (moyenne mondiale 2025). Les résultats constituent des estimations fondées sur les hypothèses présentées ci-dessus.
Ces valeurs décrivent des scénarios simplifiés et ne sont pas universelles.
Mais ces chiffres répondent surtout à la question : « quelle part de la consommation générale des réseaux peut-on attribuer à cette vidéo ? »
Ils ne disent pas combien d’électricité est réellement économisée au moment où vous baissez la qualité.
En réalité, le réseau consomme déjà avant votre vidéo
Les réseaux ne sont pas « virtuels » : ce sont des infrastructures physiques qui existent et consomment de l’électricité en permanence.
Sur leurs émissions totales, environ :
- 15 % → fabrication et entretien des équipements (déployer des kilomètres de fibre optique sur terre et sous les océans, construire et entretenir des antennes 4G/5G, installer et remplacer des routeurs, fabriquer des satellites de télécommunications…).
- 85 % → l’électricité nécessaire pour les faire fonctionner (à l’échelle mondiale, environ un tiers de l’électricité est encore produite à partir de charbon, l’énergie fossile qui émet le plus de CO₂).
Et cette électricité est consommée en grande partie quoi qu’il arrive, même lorsque très peu de données circulent.
En effet, les réseaux sont dimensionnés pour pouvoir transporter les gros volumes de données qui circulent aux heures de pointe. Mais même quand ils sont peu utilisés, leur capacité reste la même et ils continuent donc à consommer beaucoup d’électricité. Une grande partie de cette consommation est donc indépendante du trafic : faire circuler davantage de données n’ajoute qu’un surplus relativement faible.
On peut l’imaginer comme un train déjà prêt à partir. Une heure de vidéo en 1080p représente 100 cartons. Une vidéo en 480p n’en représente que 22. Retirer 78 cartons allège le chargement, mais ne réduit ni le train, ni les voies, ni les gares, ni la signalisation.
C’est ce que prend en compte le modèle de puissance, développé dans les travaux de Malmodin, Mytton et Lundén et repris par Fraunhofer.
Reprenons notre exemple : si on regarde le film Inception en Wi-Fi. En appliquant les valeurs retenues par à partir de ce modèle, la consommation électrique estimée du réseau pendant le visionnage devient :
- 1080p → consommation de fond + petit surplus ≈ 42,6 Wh
- 480p → même consommation de fond + surplus plus faible ≈ 42,1 Wh
Soit 0,5 Wh d’écart, malgré 78 % de données en moins.
ℹ️ Voir le détail des calculs et hypothèses
Full HD 1080p : 5 Mbit/s × 8 880 s ÷ 8 ÷ 1 000 = 5,55 Go
SD 480p : 1,1 Mbit/s × 8 880 s ÷ 8 ÷ 1 000 = 1,221 Go
Le débit est multiplié par la durée en secondes. On divise par 8 pour passer des bits aux octets, puis par 1 000 pour obtenir des gigaoctets.
Contrairement au modèle précédent, ce calcul estime la consommation électrique pendant la durée du visionnage. Pour chaque partie du réseau, il additionne une puissance de fond et une part qui augmente avec le débit.
Puissance = puissance de fond + (coefficient lié au trafic × débit)
Énergie consommée = puissance × durée
Pour une connexion fixe en Wi-Fi. Le calcul distingue deux parties du réseau :
Énergie consommée dans le cœur du réseau = [1,5 W + (0,03 W par Mbit/s × débit)] × durée
Énergie consommée dans le réseau d’accès fixe = [5 W + (0,02 W par Mbit/s × débit)] × durée
Comme dans le calcul précédent, le périmètre inclut également le CDN et, pour une connexion fixe, le CPE. Le terminal, l’ingestion et l’encodage initial ne sont pas inclus.
Les mêmes hypothèses sont utilisées :
CDN : 0,5 W par spectateur
CPE : 10 W dans le scénario VDSL retenu
Cœur du réseau : [1,5 W + (0,03 W par Mbit/s × 5 Mbit/s)] × 2,47 h = 4,07 Wh
Réseau d’accès fixe : [5 W + (0,02 W par Mbit/s × 5 Mbit/s)] × 2,47 h = 12,58 Wh
CDN : 0,5 W par spectateur × 2,47 h = 1,23 Wh
CPE : 10 W dans le scénario VDSL retenu × 2,47 h = 24,67 Wh
Total : cœur du réseau + réseau d’accès fixe + CDN + CPE = 42,6 Wh
Cœur du réseau : [1,5 W + (0,03 W par Mbit/s × 1,1 Mbit/s)] × 2,47 h = 3,78 Wh
Réseau d’accès fixe : [5 W + (0,02 W par Mbit/s × 1,1 Mbit/s)] × 2,47 h = 12,39 Wh
CDN : 0,5 W par spectateur × 2,47 h = 1,23 Wh
CPE : 10 W dans le scénario VDSL retenu × 2,47 h = 24,67 Wh
Total : cœur du réseau + réseau d’accès fixe + CDN + CPE = 42,1 Wh
On applique le même modèle, avec les paramètres retenus pour le scénario mobile LTE :
Énergie consommée dans le cœur du réseau = [0,2 W + (0,03 W par Mbit/s × débit)] × durée
Énergie consommée dans le réseau d’accès mobile = [1 W + (1,5 W par Mbit/s × débit)] × durée
Ces valeurs permettent de refaire le calcul pour une connexion mobile sans ajouter un second exemple complet.
Ces valeurs décrivent des scénarios simplifiés et ne sont pas universelles.
Ce n’est pas parce que les données ne comptent pas : c’est parce que les réseaux sont déjà là, allumés et dimensionnés pour en transporter beaucoup.
La consommation électrique globale des réseaux augmente bien dans les faits : d’après , elle a augmenté d’environ 8 % entre 2020 et 2024.
Réduire les données change donc peu la consommation immédiate du réseau, mais l’enjeu reste réel, et c’est surtout à plus long terme que l’effet peut devenir important.
L’effet réel se joue à long terme sur les infrastructures
Le volume de données transporté augmente continuellement.
Lorsque les capacités existantes des réseaux approchent de leurs limites pendant les pics de trafic, les opérateurs doivent renforcer le réseau : ajouter ou remplacer des équipements, densifier certaines infrastructures ou déployer de nouvelles technologies, comme lors du passage de la 4G à la 5G.
Ces nouveaux équipements ajoutent ensuite à leur tour une consommation de fond, même lorsqu’ils ne sont pas utilisés à pleine capacité.
Le fonctionnement du réseau n’est donc pas simplement proportionnel au nombre de données transportées à chaque instant. L’augmentation des capacités se fait plutôt par paliers : lorsque le réseau approche de ses limites, on ajoute de la capacité ; il dispose alors de nouveau d’une marge jusqu’au prochain renforcement.
Si nous réduisons collectivement et durablement le volume de données transporté, les infrastructures existantes disposent donc de davantage de marge et peuvent absorber plus longtemps la croissance du trafic avant qu’il soit nécessaire de les renforcer.
À terme, lorsque les technologies le permettent, certains équipements peuvent également être mis en veille pendant les périodes creuses, réduisant davantage cette consommation de fond.
Cet effet à long terme dépend toutefois de nombreux facteurs : évolution réelle du trafic, technologies utilisées et manière dont les opérateurs dimensionnent et exploitent leurs réseaux. Il n’est pas quantifié dans cet article.
ℹ️ Si je suis en France, où l’électricité est peu carbonée, l’impact est négligeable ?
Produire 1 kWh d’électricité n’émet pas la même quantité de CO₂ selon les pays. En France, où le nucléaire et les renouvelables occupent une place importante, l’électricité est par exemple beaucoup moins carbonée que dans les pays utilisant davantage de charbon ou de gaz.
Voici les émissions moyennes pour produire 1 kWh d’électricité en 2025 :
Économiser 1 kWh évite donc moins de CO₂ en France que dans un pays où l’électricité est plus carbonée.
Mais regarder une vidéo depuis la France ne signifie pas que toute l’électricité nécessaire à sa transmission est française. Lors de tests exploratoires menés par Load Less (), certaines vidéos YouTube regardées depuis la France ont par exemple été servies depuis des infrastructures situées en Allemagne ou en Italie. Une partie de l’électricité mobilisée peut donc être plus carbonée que celle du pays du spectateur.
Enfin, les estimations présentées ici portent sur l’électricité consommée et les émissions de CO₂e. Elles ne couvrent pas les autres impacts environnementaux sur les ressources, l’air, l’eau ou les sols.
En résumé
Moins de données ne signifie donc pas immédiatement moins d’émissions dans les mêmes proportions. Les gains apparaissent surtout lorsque cette baisse permet de retarder, réduire ou éviter l’ajout de nouvelles capacités réseau.
Réduire collectivement et durablement la qualité des vidéos → Moins de données transportées → Plus de capacité disponible pendant les pics de trafic → Moins de pression pour renforcer le réseau → à terme, moins de consommation de fond et d’émissions
Appliquer ces réglages automatiquement avec l'extension gratuite Load Less
Vous pouvez réduire manuellement la qualité des vidéos sur les plateformes de streaming, mais il faut effectuer les réglages plateforme par plateforme, et ceux-ci ne sont pas toujours conservés d’une session à l’autre.
C’est pour systématiser ces réglages que nous avons créé Load Less, une extension gratuite pour Chrome et Firefox.
Elle applique et maintient automatiquement des réglages vidéo plus sobres sur les principales plateformes de streaming, notamment YouTube, Netflix, Prime Video, Disney+, Twitch et Vimeo, et bloque également certains chargements inutiles.
L’objectif est simple : transférer moins de données au quotidien sans avoir à y penser, et contribuer ainsi à réduire, à long terme, la pression exercée sur les réseaux et les émissions qui en découlent.
Sources
ℹ️ Afficher les sources et les précisions méthodologiques
1
Commission européenne, JRC/EDGAR, GHG Emissions of All World Countries - 2025 Report, 2025. Données 2024 sur les émissions mondiales et sectorielles. Les pourcentages et rapprochements présentés dans l’introduction sont calculés par Load Less à partir de cette source et de la source 2.
CO₂e signifie « équivalent CO₂ » : cette mesure permet de regrouper les différents gaz à effet de serre en une seule unité.
2
Deux publications d’Ericsson sont utilisées dans cet article pour les données sur la consommation électrique, les émissions et l’évolution des infrastructures numériques.
Sustainability in ICT - Decrease in ICT’s Carbon Footprint Slows Down, Ericsson Mobility Report. Estimations 2024 de la consommation électrique et des émissions du numérique. Les pourcentages et rapprochements présentés dans l’introduction sont calculés par Load Less à partir de cette source et de la source 1.
ICT Energy Evolution: Telecom, Data Centers, and AI, livre blanc. Données issues des déclarations publiques des entreprises.
3
Ember (2026), traitement Our World in Data, Lifecycle Carbon Intensity of Electricity Generation. Données 2025, en gCO₂e/kWh sur le cycle de vie.
4
Sandvine, The Global Internet Phenomena Report, mars 2024.
Calcul de Load Less à partir de ces données. Nous additionnons les volumes de données descendants et montants du streaming à la demande et en direct, hors appels vidéo. Sur le réseau fixe, le streaming représente 10,207 Go sur 15,7 Go par abonnement et par jour, soit environ 65 %. Sur le réseau mobile, il représente 1,108 Go sur 1,7 Go par abonné et par jour, soit également environ 65 %. Le rapport agrège des données anonymisées provenant de plusieurs dizaines de clients de Sandvine et couvrant des dizaines de millions d’abonnés fixes et mobiles dans le monde. Ces 65 % constituent donc un ordre de grandeur qui peut varier selon les réseaux.
Détail du calcul : réseau fixe, 7,9 + 0,222 + 2 + 0,085 = 10,207 Go ; réseau mobile, 0,9 + 0,026 + 0,173 + 0,009 = 1,108 Go.
5
Calcul de Load Less à partir d’hypothèses simplifiées de débit continu. Nous retenons 5 Mbit/s en 1080p, 2,5 Mbit/s en 720p, 1,1 Mbit/s en 480p et 0,7 Mbit/s en 360p, correspondant aux débits continus recommandés par YouTube (Configuration système requise pour YouTube et appareils compatibles). Netflix (Vitesses de connexion Internet recommandées par Netflix) recommande également 5 Mbit/s ou plus en Full HD 1080p. Il s’agit de vitesses de connexion recommandées, pas du débit exact de toutes les vidéos.
Calcul du volume : débit en Mbit/s × durée en secondes ÷ 8 ÷ 1 000. On divise par 8 car un octet contient huit bits. Le débit réellement transféré peut varier selon la plateforme, le codec et le contenu.
6
Synthèse principale utilisée pour les modèles de consommation des réseaux. Fraunhofer FOKUS, Green Streaming: Guidelines on Evaluating the Energy Consumption and Reducing the CO₂ Emissions of Video Streaming, octobre 2024. Le rapport présente les deux modèles utilisés ici : le Modèle d’Intensité Énergétique, qui répartit une consommation globale selon les données transportées, et le Modèle de Puissance, qui distingue consommation de fond et consommation liée au trafic. Fraunhofer s’appuie notamment sur Coroama pour le premier et Malmodin pour le second.
Travaux complémentaires : Mytton, Lundén et Malmodin, Network Energy Use Not Directly Proportional to Data Volume, 2024, sur le Modèle de Puissance et la non-proportionnalité entre trafic et énergie ; Guennebaud et Bugeau, Energy Consumption of Data Transfer, 2024, sur les limites des indicateurs en Wh/Go et le dimensionnement des infrastructures.
7
Méthode Load Less - test exploratoire de localisation des serveurs vidéo. Le 28 juillet 2026, depuis Antibes, Load Less a relevé les adresses IP servant un petit échantillon de vidéos YouTube et estimé leur localisation avec IPinfo. La plupart étaient localisées à Marseille, certaines à Francfort ou Milan. Ce test très limité n’est pas représentatif et la géolocalisation IP reste indicative : il montre seulement qu’une vidéo regardée en France peut être servie depuis l’étranger.
8
Impact CO₂ / ADEME, Voiture thermique - Moyenne, essence. Estimation 2025 : 170 gCO₂e par kilomètre, dont 31,7 gCO₂e pour la fabrication et 138 gCO₂e pour l’usage. Les calculs divisent les émissions calculées pour la session vidéo par cette valeur afin de fournir une équivalence indicative en kilomètres parcourus.
9
Agence internationale de l’énergie (IEA), Key Questions on Energy and AI – Executive summary, 2026.